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Adrien Figueredo - Pierre Thuriès (17/10/2013)
La B à la une …
Deux anciens joueurs, devenus entraîneurs, répondent à nos questions.
Interview croisé de Pierre Thuriés et Adrien Figueredo.

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Pierre Thuriés
Pilier droit |
Adrien Figueredo
¾ Aile ou Arrière. |
- Comment as-tu vécu l’annonce de l’arrêt forcé de ta carrière ? Impact de la famille, du club etc…..
- Pierre : « Annonce brutale, puisque ce n’était pas prévu. L’impact du club, il est resté fidèle et moi aussi puisque je suis encore ici. La famille, c’est vraiment important, même si elle est loin. Dans la vie d’un sportif, il y a les bons et les mauvais moments et c’est très important d’avoir une famille et un entourage présent pour nous soutenir. »
- Adrien : « Moi, c’est à peu près pareil, sauf que je le savais un peu avant, j’essayais de continuer, mais petit à petit ça se dégradait et à un moment donné, je n’arrivais plus à courir alors, avec Xavier er Philippe, le docteur de l’époque, on a discuté et décidé qu’il valait mieux arrêter plutôt que de risquer mon avenir. J’étais frustré et aigri, mais heureusement ma famille m’a entourée. Etant quelqu’un d’impulsif et pas très stable, ça m’a fait du bien et la présence du club a aussi été quelque chose de super important. »
- Tu as connu Sapiac en tant que joueur, maintenant comme entraîneur, différence et ressenti.
- Pierre : « En tant que joueur, c’est toujours impressionnant de se retrouver au milieu du stade et en tant qu’entraîneur, ça fait moins d’impression mais beaucoup plus de stress. Parce que je n’arrive pas à évacuer le stress du match, c’est totalement différent. Mais c’est toujours aussi magique d’être et de rester ici. Etre dans la cuvette, c’est magique, même s’il n’y a pas grand monde qui vient voir notre équipe, c’est tellement important de se sentir soutenu, on sait qu’on est à Sapiac et ça donne des ailes. »
-Adrien : « C’est différent. En tant que joueur on est coucounés, on est dans notre bulle, on n’a qu’un truc à penser, c’est à être bon et en tant qu’entraîneur il y a plein de paramètres qui entrent en compte. Au début, c’est difficile à gérer puis petit à petit ça commence à aller mieux. C’est enrichissant, c’est une autre vision du rugby. »
-Notre équipe B, les espoirs, les ambitions. Qualités et défauts ….
- Pierre : « Alors, qualités, c’est un groupe uni malgré les redescentes de l’équipe une. On est vaillants, on s’accroche, on fait honneur, je pense, aux valeurs du club. Il y a une ambiance conviviale, familiale. Les défauts, on est un peu attentistes à certains moments. Quand on a fait une grosse partie du travail, on a tendance à se laisser aller, à être un peu en roue libre. Mais pas vraiment de gros défauts. »
- Adrien : « L’objectif, c’est d’être premier de poule. On voulait être invaincus à Sapiac, mais le premier match nous a fait tort. Les qualités, on a un bon groupe de bons joueurs qui commencent à être de plus en plus copains, mais défaut, on a du mal à être constants sur tout un match. Alors on va essayer de travailler ça avec Pierre. »
Vous êtes dépendants de la Une, les avantages, les inconvénients. Comment le vivez –vous et comment le vivent vos joueurs.
–Adrien : « Dépendants, heureusement, parce que les joueurs qui descendent nous font vraiment du bon boulot et s’investissent au maximum pour l’équipe. Ça fait plaisir aux jeunes de la B de voir des joueurs pro jouer à leur côté. Il y a plus d’avantages que d’inconvénients. On essaie de se mettre au maximum avec le staff de la une, de parler, de communiquer pour que ça se passe super bien et ça fonctionne. »
– Pierre : « On aimerait même qu’il y ait plus de communication entre la une et la B, qu’il y ait plus de cohésion, même s’il y en a déjà beaucoup ».
Vous avez choisi le rugby, pourquoi ?
– Adrien : « au départ, c’est tout con. J’avais une bande de copains qui jouaient au rugby. Ils m’ont demandé d’essayer, j’y suis allé et j’ai trouvé ça super. Cette mentalité, cette ambiance, c’est un sport à part, j’ai vite accroché. Heureusement qu’ils m’ont fait connaitre le Rugby ».
– Pierre : « moi, c’est un peu par défaut. Gamin, j’avais un gabarit différent par rapport à ceux de mon âge qui étaient « aux normes ». Il fallait que je trouve un sport où je puisse me fondre dans la masse …. Et petit à petit à force de persévérer, de rencontrer des gens qui m’ont appris et motivé, je suis arrivé où j’en suis. Je crois que j’ai fait un bon parcours. »
Le meilleur souvenir de ta carrière ?
- Adrien : « c’est la montée en Top 14, la première année où je suis arrivé. On était en PRO D2 et on monte en Top. Magique. »
- Pierre : « moi, c’est une victoire à Grenoble avec Oyonnax. On était totalement dominés et grâce à la bande de copains qu’on était, on a réussi à gagner en terre Grenobloise, ce qui n’était pas une mince affaire. C’est une grosse fierté. »
Le pire ……
-Adrien : « La descente, quand le club a coulé … »
-Pierre : « Le pire, c’est actuellement, se retrouver sans travail et devoir se reconvertir, même si j’ai des diplômes. Ce n’est pas facile de trouver du travail. Heureusement que j’ai ce poste d’entraîneur qui me permet de penser à autre chose, parce que pour ça, le rugby, c’est important. »
Votre joueur emblématique :
-Adrien : « Titi Garcia, humainement et sportivement. »
-Pierre : « Nicolas Mas, C’est pour moi un garçon qui est humble, qui travaille, qui baisse la tête, qui ne parle pas, qui est intelligent. Qui dure, parce que c’est un gros bosseur. »
Une équipe, hors USM ?
-Adrien : « J’allais dire Gaillac, mais … (rires) …..Personne connaît ….. La Rochelle, c’est un petit clin d’œil …… »
-Pierre : « Castres, bien sûr, la question ne se pose même pas … »
Après Sapiac ….
-Adrien : « Je me consacre à ma boite, ça me tient à cœur. Et après, j’ai plein de choses à connaitre, à faire, à tenter, la liste est trop longue …. »
-Pierre : « Mon rêve, c’est de rester ici le plus longtemps possible. Je pense que quand on a gouté à Sapiac, on n’a pas envie d’en partir, c’est comme un village ici. Après, on ne sait pas où le vent me portera …. »
Les Sapiacains, l’esprit de Sapiac ….
-Adrien : « Sapiac, c’est une famille. Je peux en parler parce qu’ils m’ont soutenu dans les moments difficiles. C’est vraiment une famille, pas que le staff et le club, mais la ville, les supporters, tout l’entourage qu’il y a autour du rugby. Oui, le mot, c’est Famille. »
-Pierre : « Un public hors normes, oui, comme dit Figue, une famille qui porte ce club. Et surtout beaucoup d’indulgence. De la part des supporters. Il y a toujours des gens qui sont mécontents, mais le lundi, quand on a perdu la veille, il y a des personnes au bord du terrain d’entrainement, qui sont là pour nous remotiver. C’est vraiment une particularité de ce club, cette famille et cette indulgence. »
Que penses-tu des blondes à perruque verte ?
-Adrien : « les blondes à perruque verte, Ha, Ha ….. Mais de qui on parle ? … »
-Pierre : « Moi, je comprends tout à fait, je n’ai aucun commentaire…… Parce que je connais ses origines, donc ….. (Figue : Tu connais le pédigrée ? …)…. Oui, sachant d’où elle vient, j’ai beaucoup d’indulgence …… Parce que, me connaissant, je serai peut-être dans la même situation dans une quinzaine d’année …… » (Note de Mimi : étant « pays », comme on dit dans notre montagne, nous formerons le « club des perruques vertes Brassagaises »).
Maintenant chacun les siennes :
Pierre, les nouvelles règles de la mêlée….
-« Ben, retour trente ans en arrière. C’est difficile. On a fait travailler des joueurs, on a fait venir des joueurs étrangers et travailler des jeunes pour être bons, puissants, très très forts physiquement et puis on se rend compte qu’aujourd’hui, il faut qu’on retrouve des joueurs qui soient techniques, roublards, qui soient pas spécialement très grands et très costauds. Voilà, c’est un retour aux sources de la mêlée. »
Adrien, tu as connu le Top, la descente, tu es resté fidèle à Sapiac, pourquoi ?
« Moi, je me suis construit à Montauban, en fait, si je reviens en arrière sur toute ma vie, j’ai passé la majeure partie de ma vie à Montauban. Les bons et les mauvais moments et je me sens bien ici. Ça ne sert à rien d’aller ailleurs si on est bien là où on est. »
Pierre, un bon copain change de 06 sans te prévenir, ta réaction ……
-« Je connais la personne à qui c’est destiné, c’est pour Alexis, un ancien joueur de Montauban avec qui je suis très ami, mais ça fait peut-être un an qu’on ne s’est pas vu alors qu’on habite à trente kilomètres l’un de l’autre. C’est un manque d’effort de ma part et de sa part de ne pas communiquer. Donc, je lance un message à Alexis, s’il lit les publications des Ultras, qu’il vienne à Sapiac me retrouver. »
Adrien, tu as réalisé un de tes phantasmes, être menotté dans un aéroport, le prochain, qu’est-ce que c’est ?-« je me suis assagit, énormément, j’ai trouvé mon équilibre, alors, ne commencez pas à me filer des challenges …. »
Ce que vous avez envie de dire …..-Pierre : « Je suis très heureux d’entraîner avec Figue, je sais qu’il a un boulot et que c’est compliqué à gérer par moment. Pour moi, c’est une fierté de rester dans le club bien que je n’y ait pas passé énormément de temps, je trouve que c’est une grande marque de reconnaissance et de confiance. Ça fait un grand plaisir »
-Adrien : « Moi, j’ai envie de dire merci à tous les supporters de Sapiac, de continuer, d’y croire et que ça va payer …. »
Un grand Merci à ces deux « personnages » pour leur gentillesse, leur patience et leur disponibilité.
N’oubliez pas, Sapiacains, l’équipe B, représente Sapiac avec panache et mérite votre présence au bord du terrain, votre soutien et vos applaudissements …..
